Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez prendre de l’argent public avec modération

Les 5 raisons pour lesquelles vous devriez prendre de l’argent public avec modération

Depuis quelques années, le gouvernement a multiplié les initiatives afin d’aider à la création d’entreprises et au développement des PME et ETI. La récente collaboration entre Business France, Coface et BPI France en témoigne. Qu’il s’agisse du crédit d’impôt recherche (CIR), du statut de jeune entreprise innovante (JEI) ou encore des avances remboursables et transformées en subventions en cas d’échec, les aides/subventions financières doivent être utilisées précautionneusement. Tout d’abord parce qu’il s’agit de l’argent public, et ensuite parce que ces aides doivent être d’une réelle utilité pour celui qui la demande et ne pas être contreproductives à long terme. Voici donc notre humble avis sur le sujet, à savoir 5 raisons pour lesquelles l’argent public doit être utilisé avec modération dans le cadre du lancement d’une activité.

1-) « Remember that time is money», Advice to a Young Tradesman, Benjamin Franklin.

Les aides financières accordées par l’Etat constituent un avantage non négligeable dans la création d’une startup et le lancement d’une nouvelle activité. Cependant, accorder un temps excessif à essayer d’obtenir ces aides est une erreur grossière. En effet, comme le souligne à juste titre Olivier Ezratty, auteur du  «guide des startups», le développement d’une société nécessite « un mélange d’ambition et de rapidité d’exécution. Il ne faut pas oublier ses priorités, à savoir son produit et ses clients ». Des lors, la question n’est pas de savoir comment se procurer des fonds, mais plutôt de s’interroger sur la plus-value que ces fonds apportent et l’optimisation de leur utilisation.

2-) « Je considère la concurrence légitime à condition qu’il y ait quelque chose en face » Steve Ballmer.

L’affluence des financements encourage la création de nouvelles entreprises. Mais l’octroi de ces fonds n’assure pas pour autant leur pérennité. Cela augmente cependant indéniablement la concurrence dans un secteur donné, et rend plus difficile le succès d’autres startups ayant une stratégie réelle et efficace, reposant sur une utilisation optimale des fonds perçus. Dans ce contexte, en plus de faire face à une concurrence accrue, les entreprises peuvent ne pas disposer de suffisamment de fonds en raison d’un budget limité de l’Etat et la mauvaise gestion des ressources, investies dans des startups destinées à périr.

3-) « Fail fast and frequently, cheap and gracefully », Tina Seeling, directrice du Stanford Technology Venture Program.

Selon Sven de Cleyn, les startups européennes sont focalisées sur la survie comme principal critère de succès. Partant de ce constat, Il est aisé de comprendre que le gouvernement à travers sa politique d’octroi de subventions en guise de soutien aux startups, à pour objectif le développement de nouvelles entreprises, mais aussi plus simplement leur maintien. Le problème commence quand le dernier objectif prime sur le premier. En effet, dans leur ouvrage intitulé « le manuel du créateur de start-up», Steve Blank et Bob Dorf évoquent le fait que pour construire une success story, il faut « échouer vite et souvent ». Autrement dit, l’Europe semble incapable de produire des Google, Apple, due à cette stigmatisation de l’échec.

En accordant des subventions de manière légère, l’attention est portée sur la survie plus que sur le développement. Ceci constitue un frein à la croissance, ou plus justement un frein à une plus grande croissance.

4-) « Le seul endroit où le mot succès vient avant le mot travail est dans le dictionnaire », Vidal Sassoon.

Les subventions de l’Etat constituent parfois un encouragement à s’improviser entrepreneur. Or il ne suffit pas pour réussir son entrepreneuriat de savoir travailler en équipe, d’augmenter la curiosité et l’initiative par des aides financières. En effet, de réelles compétences de travail, de tolérance du risque, de capacités d’adaptation, de persévérance sont nécessaires. L’entrepreneur ne doit pas débuter son activité parce qu’il entend profiter d’une aide financière pour faire fortune. Or, nombre de startups démarrent leur activité sur l’espoir naïf d’une richesse à venir, ou parce que l’autonomie professionnelle que confère la qualité d’entrepreneur permet de gérer sa vie privée plus facilement. Il est nécessaire de réconcilier l’entrepreneur improvisé avec le travail acharné, la construction d’une réelle stratégie commerciale, l’analyse de l’environnement et de tout type de données.

5-) “On ne peut devenir entrepreneur qu’en devenant auparavant débiteur. S’endetter appartient à l’essence de l’entreprise et n’a rien d’anormal”, Joseph Schumpeter.

La plupart des investisseurs et entrepreneurs étrangers considèrent que les aides financières sont accordées assez facilement en France, en comparaison des autres pays. Le problème ne réside pas dans l’octroi de ces aides, bien au contraire. Le problème réside dans la perception de ce qu’elles représentent réellement. En effet, nombre d’entrepreneurs se suffisent de ces aides pour développer leur activité. Cependant, la concurrence grandissante dans nombres de domaines impose aujourd’hui d’innover de manière perpétuelle, et il n’est pas question d’innovations technologiques, mais plutôt d’innovation marketing, d’innovation en matière d’offres. Or, cette course à l’innovation nécessite des fonds, et elle mérite de prendre le risque d’un endettement conséquent. Des solutions de financements efficaces et adaptées aux besoins de tous types de projets permettent d’envisager un développement de son entreprise en limitant les risques de pertes. Je vous invite d’ailleurs à consulter notre article «10 façons de financer le lancement de votre startup à l’international» et à vous abonner à notre newsletter.

About the Author
TektosWeb